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Photographer's Note

Les clichés ont la vie dure.


Je m'attendais à trouver une scène comme ça à chaque pas, en Iran. J'ai vite été détrompée. Bien sûr, j'ai réussi à la trouver... et à la mettre en scène dans une image, un peu comme un reporter obtus qui veut absolument obtenir son sujet, même s'il ne reflète pas complètement la réalité, voire la dénature et la trahit.

Je dois donc vous avertir, pour rétablir la vérité:
La réalité est autrement plus complexe que ce que l'on en imagine; que ce que l'on en comprend même, avec nos esprits d'analyse et nos imaginaires occidentaux. Et cette scène de vie finalement très scénarisée de ma part, n'est pas représentative à 100% de la vie iranienne. A prendre avec des pincettes donc, sans s'emballer sur le fondamentalisme supposé d'une population.

Il y a effectivement, pour les femmes,
une certaine rigueur vestimentaire à observer dans la vie de tous les jours, dès lors qu'on apparaît en public, mais la réalité nous dévoile rapidement que non seulement ce n'est pas aussi strict qu'on l'a imaginé mais qu'en plus, les apparences sont extrêmement trompeuses. Il serait erronné et par trop simpliste de faire d'une femme toute de noir voilée une radicale. De croire que c'est forcément une femme opprimée, malheureuse et sans éducation. Ce serait non seulement réducteur, mais impropre à rendre compte de la réalité.


Quand le fantasme s'allie avec la peur; on est prêt à croire n'importe quoi. Jusqu'à déclarer la guerre pour de mauvais prétextes. Et sournoisement, les médias qui alimentent, par des infos ciblées, le mensonge, en le faisant perdurer, sont aussi responsables que les politiques et les religieux, qui jouent de cette dangereuse conjonction pour manipuler l'opinion en leur faveur.

Je m'en voudrais de participer, par cette photo, à la machination ourdie par certains, qui, par intérêt économique et stratégie géopolitique, conspirent à diaboliser l'Iran.

Je m'en voudrais de donner une image injustement manichéenne du pays. De participer indirectement au chantage idéologique dont il est l'objet.


Ne vous laissez pas duper, donc, par la sobriété des couleurs et le cadrage épuré... un choix simplement motivé par une quête d'esthétique et de sens poétique. Pas par volonté d'y glisser un message subliminal sous forme de caricature. Ce serait une imposture que j'espère sincèrement éviter, en partie grâce à cette note d'accompagnement.


Et je souhaîte de tout coeur, qu'en voyageurs avertis, vous irez un jour constater par vous-même le fossé qui existe entre nos préjugés et la réalité quotidienne en Iran.



* - * - *


The cliché die hard.


I was expecting to find such a scene at every step, when I arrived in Iran. The record has been quickly set straight.
Of course, I finally found it. And managed to arrange a shot, like an obstuse reporter that absolutely want to get a scoop, even if it does not reflect completely the reality, or even distort and betray it.

So, I have to warn you, to restore the truth: the reality is much more complex than what we imagine, or even, what we understand of it, with our western analytical minds and imagination. And this daily-life scene, under the influence of a script, is not 100% representative of the iranian life. To be taken with a pinch of salt; without bolting on the assumed fundamentalism of a population.

There is, indeed, for the women, a strictness of dress code to observe, when one publicly appears, but the reality quickly reveals that, not only it is less strict than we imagined, but, furthermore, the appearances can be extremely misleading. It would be inaccurate and far too simplistic, to make, of a woman fully veiled in black, a radical. To believe she is inevitably oppressed, unhappy and uneducated. It would be not only reductive, but unfit for rendering an account of the reality.

When the phantasm forms an alliance with the fear, we are ready to believe anything. Up to declare a war for wrong pretexts. And, underhand, the medias that feed, and perpetuate, with targeted informations, the lie; are as much responsible as the politicians and religious people, who play with this dangerous conjunction to manipulate the public opinion in their favor.


I would not forgive myself to participate, through this photo, to the plot hatched by some of them, who, by economical interest and geopolitical strategy, collude to demonize Iran. I would not forgive myself to give a dualistic image of the country. To participate indirectly to the ideological blackmail to which it is exposed.



Don't be fooled by the sobriety of colors and the uncluttered composition... simply motivated by a quest of aesthetic and of poetic sense. Not by the will to introduce a subliminal message under the form of a caricature. It would be an imposture; which I hope to avoid partly with this covering note.



And I hope with all my heart, that, as knowledgeable travellers, you will go, one day, see by yourself the gap that exists between our prejudices and the the daily reality in Iran.

CLODO, yquem46, worldcitizen, pcp, bukitgolfb301, papera has marked this note useful

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Additional Photos by Marine Rebillout (eversmile) Gold Star Critiquer/Gold Star Workshop Editor/Gold Note Writer [C: 893 W: 521 N: 1922] (11628)
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